Description

Pour être meilleur aujourd'hui et demain

mardi 2 août 2011

Retour de l'uniforme scolaire, pas d'accord!

École primaire de San-Pedro
Le lundi 1er Août 2011, Mme le Ministre de l’Éducation Nationale de Côte d'Ivoire, Mme Kandia Camara, profitant de son annonce des dates importantes de l’Éducation Nationale (examens à  grand tirage, rentrée scolaire,etc) à la télévision d’État (TCI), publiait plusieurs décisions au nombre desquelles la ré-instauration du port de l'uniforme dans les établissements scolaires de Côte d'Ivoire. 

L'argument principal de Madame le Ministre est que l'uniforme à l'école permet de "réduire les discriminations d'ordre social et économique. Nous pensons que l'uniforme, permettant d'identifier nos élèves, est un élément de sécurisation à ne pas négliger ". Cette décision va sans doute soulever encore un vieux débat sans issu qui existe dans la plupart des pays du monde.
Pour moi, la question n'est pas de savoir qui a tort ou qui a raison dans un débat passionné où chacun fonde ses arguments sur ses expériences personnelles. Mais prenons plutôt le juste milieu. Les êtres humains sont différents d'une époque à une autre et d'une région à une autre. L'on ne peut se fonder sur une argument qui date de Mathusalem pour prendre une telle décision au 21è siècle où les recherches en sciences humaines ont évoluées. Si dans certaines grandes villes comme Abidjan le port de l'uniforme pourrait favoriser la discrimination, pouvons-nous en dire autant dans un petit village du pays?

Photo UNICEF

 Apercevez-vous de différence entre les enfants sur la photo de l'école primaire ci-contre ou sur celle de San-Pedro  au Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire (au-dessus)



En clair, Une politique innovante a été introduite dans système scolaire pour appuyer les objectifs de l’Éducation pour Tous". Avons nous objectivement évalué cette politique avant de la supprimer? ou, la supprimons-nous juste parce que "nous ne sommes pas d'accord"? 

Pour le bien de ce pays, faisons appel à nos chercheurs pour étudier les situations comme celle-ci afin de servir de fondement scientifique à nos décisions politiques, sociales et économique. Je pense que dans ce cas précis, cet argument donné par Mme la Ministre a besoin d'un fondement plus scientifique que politique. Car les sociétés et les hommes évoluent vite. Aussi devons-nous tenir compte de cette évolution. 

mardi 12 avril 2011

Comment quitter le pouvoir?

Président
Présidents de CI de 1960 à 2011
Le 11 avril 2011, l’on pouvait lire, écouter et voir dans toute la presse internationale, “Laurent Gbagbo arrêté”, “Laurent Gbagbo mis aux arrêts”, etc. Pour rappel, Laurent Gbagbo fut élu Président de la république de Côte d’Ivoire pour la première fois le 22 octobre 2000 après des élections controversées entre l’ancien chef de la junte militaire et lui. 
Laurent Gbagbo n’est pas le premier président à quitter le pouvoir de cette façon calamiteuse. Cette manière de quitter le pouvoir qui semble contaminer nos dirigeants, une fois au pouvoir, nous interpelle. Il ne s’agit pas de porter de jugement sur la légitimité des élections encore moins de porter un jugement sur la doctrine de quelque pouvoir que ce soit, mais plutôt de cette habitude étrange de quitter le pouvoir en Côte d’Ivoire.
Le mardi 7 décembre 1993, Félix Houphouët Boigny, premier président de la République de Côte d’ivoire, affaibli par une longue maladie et des contestations populaires s’éteignait des suites de sa maladie alors qu’il était au encore au pouvoir après plus de 30 ans de pouvoir sans partage. Son successeur, Henri Konan Bédié arrivé au pouvoir “conformément à la constitution”, nous avait-on martelé fut éjecté par un coup d’état le 24 Décembre 1999 par une junte militaire dirigée par le Général Robert Gueï. Ce dernier organisa des élections qui ont vu Gbagbo Laurent arrivé au pouvoir après de vastes contestations de la rue, qui accusait la junte de vouloir manipuler les résultats. Il est mort le 19 Septembre 2002 lors d’un coup d’état manqué dont il avait été accusé. Un coup d’état qui a plongé le pays dans une longue rébellion armée.
En novembre 2010, Laurent Gbagbo est à son tour, accusé de manipulation des résultats des élections par la rébellion armée, alliée à son adversaire, Alassane Dramane Ouattara . L’ancienne rébellion devenu Forces républicaines (FRCI) lança alors un assaut conte Gbagbo et ses partisans. Gbagbo Laurent est mis aux arrêts le 11 avril 2011 dans la matinée.
Tous ces présidents qui précèdent s’illustrent par leur manière d’arriver au pouvoir et leur manière de partir. Ils se sont imposés au peuple de Côte d’Ivoire à travers leurs partisans. Et ils en sont repartis, éjectés par leur adversaire du jour par la force.
Est-ce une malédiction ou un refus de comprendre que la démocratie ne s’applique pas qu’aux autres mais qu’il faut commencer par l’appliquer à soi-même, même si parfois c’est douloureux. Cette façon de sortir du JEU POLITIQUE, affaibli et déshonoré, ne pas être une fatalité en Côte d’Ivoire. Les générations avenir ont besoin d’exemple à suivre.
Alassane
Alassane Dramane Ouattara
Aujourd’hui, le nouveau président Alassane Ouattara, à tort ou à raison, est entré à la présidence par la même porte. Son plus grand défi sera d’en sortir par une porte différente.

dimanche 27 mars 2011

Quatre jours de joie en 51 ans

Combien de jours de joie et d’allégresse avez vous connu toute votre vie? C’est étrange moi je me souviens de tous ces jours comme si c’était hier.
Premier jour de joie, le 7 août 1960, lorsque j’ai été libéré du joug colonial. Après plusieurs années de domination et d’asservissement, je devenais enfin libre et indépendant. Mais cette joie fut d’une très courte durée. Car juste après je n’ai connu que des moments difficiles. J’ai rencontré sur mon chemin le partie unique, la dictature, le népotisme, etc..
Puis vint 1990, précisément le 30 avril 1990, où je fus libéré encore une fois de la dictature après 30 ans de lamentations et de crainte. C’était là mon deuxième jour de joie. La démocratie et tout ces corolaires de multipartisme et de liberté d’expression venaient d’être instaurés. Joie immense et espoir! Mais… très tôt, ma vie va rimer  avec les mots comme grève, soif de pouvoir, badaud, année blanche, répression, marche “pacifique”, prisonnier politique, ajustement structurel, FMI, banque mondiale, dévaluation. Cette galère va s'étendre jusqu’à l’orée du 21ème siècle, en décembre 1999, où j’ai connu le mot coup d’état, exile, et que sais-je encore? 

Protesters
Le troisième jour où j’ai connu la joie, je me rappelle comme si c’était hier. C’était le 22 octobre 2000. La Junte au pouvoir allais laisser la place à un civil à travers des élections présidentielles. C’était le retour à la démocratie que nous recherchions. Mais… mais hélas! joie de courte durée une fois encore. Car juste après, ce fut la rébellion, la partition du pays en deux, la corruption, le laxisme, les armes lourdes, les armes légères, l’embargo, l’insécurité et bien d’autres.
j’ai connu la joie pour la quatrième fois le 28 novembre 2010, jour d’élections (encore!) qui aurait pu, nous disait-on, à nouveau nous ramener la démocratie après huit ans d’incertitude. Et depuis ce jour, a commencé une autre spirale d'évènements dont les maitres-mots sont : ONU, France, conseil de sécurité, conseil constitutionnel, investiture, fauteuil présidentiel, résolution de l’ONU, “ça tire”, “ya gbangban”, milice, insurgés, rebelles,  déplacés de guerre, pour ne citer que ces quelques-uns de mes nouveaux mots.
Au décompte final, en 51 ans, j’ai connu 4 jours de joie.  C’est bien peu! Je suis la Côte d’Ivoire. A quand mes jours de gloire? n’en connaîtrai-je un jour?

Abidjan2Dans la souffrance cependant, j’ai pu accomplir de grande choses. Mais à chaque fois, il a fallu les détruire avant de les reconstruire par la suite. Tel est mon, destin… où du moins le destin que les hommes en costumes, cravates, souliers noirs, discours enchanteurs, ont décidé. Après m’avoir consulté, bien sûr, mais sans tenir compte de mon avis en réalité.
Je vous souhaite à vous plus de jours de joie.