Premier jour de joie, le 7 août 1960, lorsque j’ai été libéré du joug colonial. Après plusieurs années de domination et d’asservissement, je devenais enfin libre et indépendant. Mais cette joie fut d’une très courte durée. Car juste après je n’ai connu que des moments difficiles. J’ai rencontré sur mon chemin le partie unique, la dictature, le népotisme, etc..
Puis vint 1990, précisément le 30 avril 1990, où je fus libéré encore une fois de la dictature après 30 ans de lamentations et de crainte. C’était là mon deuxième jour de joie. La démocratie et tout ces corolaires de multipartisme et de liberté d’expression venaient d’être instaurés. Joie immense et espoir! Mais… très tôt, ma vie va rimer avec les mots comme grève, soif de pouvoir, badaud, année blanche, répression, marche “pacifique”, prisonnier politique, ajustement structurel, FMI, banque mondiale, dévaluation. Cette galère va s'étendre jusqu’à l’orée du 21ème siècle, en décembre 1999, où j’ai connu le mot coup d’état, exile, et que sais-je encore?
Le troisième jour où j’ai connu la joie, je me rappelle comme si c’était hier. C’était le 22 octobre 2000. La Junte au pouvoir allais laisser la place à un civil à travers des élections présidentielles. C’était le retour à la démocratie que nous recherchions. Mais… mais hélas! joie de courte durée une fois encore. Car juste après, ce fut la rébellion, la partition du pays en deux, la corruption, le laxisme, les armes lourdes, les armes légères, l’embargo, l’insécurité et bien d’autres.
j’ai connu la joie pour la quatrième fois le 28 novembre 2010, jour d’élections (encore!) qui aurait pu, nous disait-on, à nouveau nous ramener la démocratie après huit ans d’incertitude. Et depuis ce jour, a commencé une autre spirale d'évènements dont les maitres-mots sont : ONU, France, conseil de sécurité, conseil constitutionnel, investiture, fauteuil présidentiel, résolution de l’ONU, “ça tire”, “ya gbangban”, milice, insurgés, rebelles, déplacés de guerre, pour ne citer que ces quelques-uns de mes nouveaux mots.
Au décompte final, en 51 ans, j’ai connu 4 jours de joie. C’est bien peu! Je suis la Côte d’Ivoire. A quand mes jours de gloire? n’en connaîtrai-je un jour?
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